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 L'ombre des flocons de neige.

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Nara ShikamaruMessages : 27
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Un homme un vrai
MessageSujet: L'ombre des flocons de neige.   Jeu 20 Fév - 18:38

Shikamaru ne se donna même pas la peine de se retourner : il étouffait. La fin de la guerre avait marqué un tournant dans l'ordre mondiale, que l'actuelle période de félicité avait complétement remit en question. Que ce soit en terme de politique, ou dans les mœurs, la vie de chacun n'était plus vraiment la même depuis un an. En majorité, c'était positif, même si ceux qui gagnaient leur vie grâce au combat continuaient de penser que c'était mieux avant. Mais quand son métier contribue à détruire l'intérêt même de celui-ci – ici un des soldats luttant pour la paix – il fallait s'attendre à ce que cela arrive un jour ou l'autre. Certains avaient troqué leur soif de sang contre un appétit pour la '' chair rose '', d'autres profitaient de l'opportunité pour s'ouvrir à de nouveaux horizons. Shikamaru lui, n'en savait rien.

Les Villages Ninjas avaient pas mal perdu de leur influence depuis la fin de la guerre, dans le sens où leur force militaire n'était plus vraiment nécessaire. Individuellement, les ninjas étaient encore sollicités parfois pour des missions, mais globalement, l'on était loin de ce à quoi leur entrainement les avait préparé. Ils faisaient plus office de police interne au pays chargés de régler des problèmes mineurs ou mains d'œuvre de qualité que réellement '' Ninja ''. Quelque part, c'était ce dont chacun aspirait : la fin des tueries inutiles ou absurdes, et le début d'une nouvelle époque de prospérité – de procréation surtout pour le moment – Et si Shikamaru ne savait pas quoi en penser, c'était surtout parce qu'il n'avait pas prit le temps de le faire. Il avait déjà planifié son avenir, à savoir vivre comme un shinobi, élever un enfant ou deux, prendre sa retraite et mourir avant sa femme. Mais il ne concevait plus vraiment cette existence viable désormais. Alors quoi ? Si plus jeune il se serait retrouvé avec tant d'oisiveté servit sur un plateau d'argent – un plateau pour lequel il s'est battu d'ailleurs – sans doute en aurait-il allègrement profité pour ne rien faire, si ce n'est regarder passer les nuages dans le ciel, allongé tranquillement dans l'herbe fraîche d'une colline. Mais plus maintenant. Il attendait autre chose de la vie désormais. Restait à trouver quoi. Car au final, était-il si différent d'avant ? Pas vraiment. Responsable et capable de faire bonne figure sur le devant de la scène lorsque c'était nécessaire, il n'en restait pas moins fidèle dans le privé à celui qu'il a toujours été : un paresseux marqué d'un manque d'enthousiasme flagrant. S'il comptait avant rester sur la voie des ninjas il n'en était plus sûr désormais, maintenant que l'image et les attentes que le monde avait d'eux avait évolué.

Le vent avait tourné, aussi peut-être était-il temps pour lui aussi de prendre le large, et d'en profiter pour s'essayer à d'autres possibilités. Et cela commençait par voir ailleurs si l'herbe y était plus agréable pour dormir. Il ne voulait plus rester à Konoha pour le moment, à s'enliser dans une torpeur propre à une baisse d'activité dans sa profession. C'est ainsi qu'avec pas grand chose, il avait décidé d'utiliser son temps trop libre pour partir voir un peu du monde.

Un univers gorgé d'individus comme lui, qui ne sont plus sûrs de la place qu'il a occuper dans cette nouvelle société.
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Yuki HakuMessages : 18
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Jeu 20 Fév - 19:49

Un autre âme perdu errait aussi de part le monde, remettant lui aussi en question ses rêves précédents. Haku avait cru continuer à être l'outil de Zabuza jusqu'à une mort probablement trop tôt, ce qu'il avait d’ailleurs fait, mais n'avait jamais imaginé que ceci ne serait pas la fin définitive de son existence. La révélation post mortem que son maître ne le voyait pas en réalité comme un simple outil avait ébranlé ses croyances, comment pouvaient-ils s'aimer en égaux si l'un d'eux n'existait que pour combler l'autre? Haku se devait d'avoir ses propres rêves, ses propres ambitions et désirs, ses propres croyances et préférences! Malgré son supposé retour au service du village caché dans les brumes, le jeune ninja préférait passer son temps ailleurs, supposément pour chasser les déserteurs, mais en réalité pour explorer le monde à nouveau, cherchant un but véritable à son existence jusque là si simple.

Cette fois-ci, il se trouvait au pays des neiges, un pays assez froid et montagneux qui, supposément, était lié aux origines anciennes de son clan presque éteint. Il cherchait un avenir, peut-être qu'il le trouverait dans son passé? Cependant, il n'avait toujours pas trouvé de piste ou grand chose d'intéressant, au final. Espérant que cette journée serait différente des autres, Haku se promenait dans un village de la région habillé de son kimono rose sans manche, le froid n'affectant pas vraiment un ninja manipulant la glace comme il le pouvait, se contentant de regarder les gens qu'il croisait. Un de ses passant attira son attention, un jeune homme au cheveux noir qui glandait dans un coin d'un air désintéresser qui lui semblait légèrement familier. Cherchant dans sa mémoire, il se remémora où il avait rencontré ce jeune homme, il avait été l'un des ninjas qui l'avait combattu aux côté de Hatake Kakashi lors de la quatrième grande guerre.

Ce n'était pas cette relative familiarité qui avait attiré son attention, du moins pas seulement. Quelque chose dans le regard du jeune homme lui donna un pincement au cœur, c'était le regard d'une personne qui avait perdu sa voie, un regard qu'il voyait lui-même tout les matins dans le miroir pendant qu'il se maquillait. Fasciné par la présence d'un âme sœur et se disant que deux têtes valaient mieux qu'un, il se décida à approcher l'inconnu.
"Bonjour," dit Haku d'une voix timide en essayant de se rappeler autant de détail qu'il pouvait, "qu'est-ce que vous faites si loin de Konoha?"
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Nara ShikamaruMessages : 27
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Sam 22 Fév - 0:21

Sa guitare sur le dos, et ses idées en vrac, Shikamaru avait vu ses pas le guider inconsciemment vers le Pays des Neiges. Curieux choix de destination pour quelqu'un qui n'avait pas d'objectif réel dans son voyage, si ce n'était trouver sa place dans un monde en pleine reconstruction. Beaucoup s'orienteraient plutôt vers des endroits chauds et exotiques pour commencer. Surtout lui en fait, que l'on classait volontiers dans la classe des '' lézards à sang froid ''. Combien de temps pouvait-il passer à ne rien faire au soleil après tout ? Plus jeune, il avait toujours aimé pouvoir paresser, au point de le faire quand ce n'était ni le moment ni l'endroit. Avec le temps, il s'était arrangé, en parvenant à coupler sa personnalité particulière à sa carrière de shinobis. Alors maintenant que ce deuxième penchant dans la balance n'était presque plus, pourquoi s'en plaignait-il ? Probablement parce que tout comme le monde qui l'entourait, il avait changé. Il avait grandit, laissé derrière lui ses illusions et ses rêves de gosses pour devenir quelqu'un de plus mature et plus responsable. Du moins, en tant que ninja. Maintenant que l'on lui avait retiré cela, que restait-il de l'homme derrière l'uniforme ?

Son regard se posa sur une jeune femme malgré lui, et lui offrit une vue qui lui fit perdre le fil de sa pensée. Non pas qu'elle était d'une beauté divine à faire hurler les morts – ceux qui le restaient tout du moins –, mais c'était plutôt sa tenue à faire trembler les vivants qui attirait l'attention. Alors que les températures étaient aux plus bas dans ce pays qui ne semblait jamais connaître l'été, la demoiselle aux cheveux sombres qu'il aperçut se promenait vêtu d'un simple kimono sans manche, et suffisamment court pour ne laisser que peu de travail à l'imagination. Un étrange mélange donc qui associait de chauds désirs chez la population mâle et un sentiment de froid intense rien qu'en la regardant. Shikamaru, qui disposait de la libido d'un tapis de douche, goûtait surtout de la seconde partie du cocktail. Il fallu les premiers mots de son interlocutrice pour qu'il prenne conscience qu'elle lui faisait maintenant face, et surtout, qu'elle lui parlait.


« Hum ? »
fut la seule réponse monosyllabique qui parvint à sortir de ses lèvres dans un premier temps.

Il observa la jeune femme en fronçant les sourcils. Le visage de cette dernière ne lui évoquait rien. D'autant qu'il le sache, il n'avait jamais été assez ivre pour s'être perdu dans les bras de quelqu'un, et encore moins ici, à des semaines de voyage du Pays du Feu, cela ne pouvait donc pas être ça. Aussi, plutôt que de paraître extrêmement impoli en dévisageant son interlocutrice en silence sans parvenir à la re-situer, il se contenta de l'être seulement un peu en usant du moyen le plus courant pour avoir une réponses : poser la question :


« Hum... est-ce que l'on se connait ? »
hasarda le Nara sur le ton de celui qui cherche à savoir si la tomate est un fruit ou un légume.

Visiblement oui, ce qui ne rendait la situation que plus embarrassante pour lui qui aurait juré que non. Enfin, pour ce que cela lui importait en fait...


« Quoiqu'une autre question me brûle les lèvres, bien qu'en réalité je me doute déjà de la réponse : Vous n'avez pas froid, juste comme ça ? »


Shikamaru, qui devait compter quelques ancêtres reptiliens dans son arbre généalogique, n'était pas un grand fan du froid, et cela se voyait dans sa tenue. Entre son épais manteau, ses gants et son écharpe, il était plutôt bien emmitouflé, mais il manquait quand même la chaleur du soleil que sa coiffure en ananas peinait à capter pour réchauffer le cerveau qu'elle couvait.

Alors pour ce qui était du coeur, ce n'était pas encore gagné...
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Yuki HakuMessages : 18
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Sam 22 Fév - 16:26

Haku cligna des yeux au grognement de salutation de l'inconnu mais se mit tout de même à sourire en le regardant tenter de le replacer. Lui même se remémorait assez bien sa courte contribution à la quatrième grande guerre, cette scène apparaissant souvent dans ses rêves et cauchemar, mais ce n'était pas étonnant que son interlocuteur, qui avait vraisemblablement assisté à la majorité de l’événement historique, n'ait pas vraiment pris note d'un zombi inconnu. Le ninja emmitouflé dans son écharpe abandonna rapidement les recherches avec une honnêteté rafraîchissante, demandant directement s'ils se connaissaient. "Pas vraiment en fait," répondit le petit ninja avec un grand sourire amicale mais néanmoins un peu triste, "on s'est croisé pendant la guerre, je faisait parti de l'unité d'embuscade..."

Le jeune homme pouffa d'un petit rire cristallin quand l'autre lui demanda si il avait froid, ajoutant lui même qu'il reconnaissait l'évidence de la réponse. Au lieu de s'énerver à la question un brin niaise, Haku était soulagé d'éloigner le sujet de leur première rencontre pour encore un petit moment. "Nous avons un accord, le froid et moi," fut sa réponse sur un ton amusé, "mais ce n'est pas vôtre cas, on dirait!" En effet, le ninja à la coiffure en ananas semblait aussi adapté au froid climat de la région nordique que son fruit-totem avec son habit digne des nuits polaires. Sans qu'il puisse s'en empêcher, l'image d'un ananas en tenu de ski de fond s'installa au fond de son crâne et il dut retenir un éclat de fou rire avec difficulté.

"Hum, en fait je connais un endroit qui fait de délicieux chocolats chauds et autre boisson du genre," invita Haku avec les pomettes rouge après s'être calmé légèrement, "est-ce que ça vous dirait d'aller discuter autour d'une bonne tasse?" Tout gêné, le kunoichi jouait nerveusement d'un doigt avec une mèche de cheveux en ajoutant, "ça vous réchauffera le corps et l'esprit..."
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Nara ShikamaruMessages : 27
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Dim 23 Fév - 10:34

A la lumière de ces nouvelles informations, Shikamaru n'y voyait pourtant pas plus clair. Combien d'embuscades avait-il subit ou réalisé durant cette guerre ? Ce n'était pas le genre de souvenirs qu'il se plaisait à conserver. Alors pour ce qui était en plus de situer la jeune femme dans le camps allier ou ennemi... En tout cas il ne l'avait tué – ou si c'était cas, elle ne lui en tenait pas vraiment rigueur. Il l'observa encore, immobile derrière son gros manteau qui lui couvrait le bas du visage et les mains dans les poches. Des volutes de fumée s'échappaient de ses lèvres à chaque expiration, lui rappelant qu'il faisait définitivement froid ici. Il chercha durant quelques secondes une logique dans les propos de la jeune femme, avant de se demander si cette dernière ne se fichait pas un peu de lui lorsqu'elle tenta de réprimer un fou-rire. Dans un monde où l'imaginaire était roi, il aurait bien été tenté d'avoir un accord avec le froid lui aussi pour que ce dernier lui lâche un peu la grappe et aille geler le derrière des autres. Mais dans la réalité où il vivait, il devait se contenter comme chacun d'avoir les orteils glacés. Le reste aussi d'ailleurs.

« Ce n'est pas de refus. »


La perspective de discuter avec quelqu'un qui semblait plus le connaître que l'inverse ne l'enchantait pas beaucoup, surtout si c'était pour que l'on lui rappelle qu'il n'était justement pas fichu de se souvenirs des autres. Mais ce genre d'arguments pesaient bien faible dans la balance si l'on l'opposait à la proposition d'aller dans un endroit chauffé où il pourra espérer faire repasser son corps au-delà des 32 degrés minimum syndicaux. Il emboita donc le pas à son interlocutrice sur laquelle il s'efforça de ne pas poser les yeux. La simple vue de ses jambes et bras nus suffisait à le faire frémir, à croire que le froid, furieux de n'avoir aucun droit sur la jeune femme qui semblait le narguer dans sa tenue légère, se vengeait en redoublant d'effort sur quiconque osait le toiser dans son état d'impuissance.

Autour de lui, les regards s'orientaient dans sa direction. Comme si c'était étrange de discuter avec une fille vêtu comme dans les plus chaudes après-midi de l'été, puis de la suivre quelque part. Tout ce qu'il voyait d'anormal lui était la capacité de la demoiselle en question à ne pas mourir d'hypothermie dans ces conditions. Enfin, le corps avait cet atout formidable d'être extrêmement élastique : il s'adaptait à presque tout lorsqu'il n'avait pas le choix. C'était peut-être le cas de son interlocutrice ? N'importe comment, ils se retrouvèrent tous deux après quelques minutes autour d'une table – dieu merci, pas à la terrasse – installés bien au chaud mais un peu loin du feu ronflant dans la cheminée. Ce genre de places étaient toujours occupées par d'autres, à croire que ces chaises étaient fournies avec le client déjà vissé dessus. Mais qu'importe, au moins il faisait meilleur ici, ce qui avait déjà convaincu Shikamaru d'ouvrir sa veste et de retirer ses gants. Nulle doute qu'après son premier thé, il s'autorisera même la folie d'enlever son écharpe. Mais chaque chose en son temps, mieux ne valait pas brûler les étapes.

De quoi que l'on taxait Shikamaru, l'on ne pouvait pas dire qu'il n'était pas bien élevé. Il manquait peut-être de tact parfois, de beaucoup d'enthousiasme probablement, et de galanterie indubitablement, mais il savait se tenir en société, et surtout tenir compagnie – des notions que sa mère lui avait fait entrer de force dans le crâne par des procédés que son inconscient préférait cacher à son voisin le conscient. Aussi, s'il ne s'était pas donné la peine d'ouvrir la porte à la jeune femme qu'il accompagnait, ni de tirer sa chaise pour qu'elle puisse s'installer, il avait au moins payé leur commande à tous les deux. Dire qu'il l'avait fait seulement parce que c'était le geste le moins épuisant de la liste serait être mauvaise langue, mais pas très loin de la réalité non plus. Les doigts serrés autour de sa tasse de thé fumante comme s'il tenait le Saint Graal, il décida de commencer par régler le point qui lui semblait le plus important :


« Au risque de devoir m'en excuser encore, je n'arrive vraiment pas à vous re-situer dans cette guerre du passé. Alors par commodité pour la conversation, et pour faire les choses proprement, je vais me présenter. Je m'appelle Shikamaru, du clan Nara. Et effectivement, je viens de Konoha, vous ne vous êtes pas trompée sur ce point. Et si j'ai quitté le Pays du Feu.... »


Il s'arrêta dans sa phrase. Pourquoi parlait-il déjà de cela avec une inconnue ? – même si l'inverse semblait moins vrai -. Les raisons de son voyage ne concernaient-elles pas que lui ? Peut-être était-ce parce qu'il le sentait bien là, aussi certainement qu'il recommençait à sentir le bout de ses pieds dégelés. Peut-être était-ce à cause des yeux de cette jeune femme qui avaient le même reflet que les siens, un regard égaré et hagard sur un monde qui semblait avoir soudainement changé sans eux.


« ...c'est parce que la vie a changé, tout simplement. Les ninjas n'ont plus la même place dans le monde qu'il y a deux ans, et les mentalités ne sont plus les mêmes. Avec l'euphorie de la fin de la guerre, l'univers ne tourne plus vraiment pareil. Et pour certains... eh bien ça déboussole. Alors l'on va dire que j'essaie de retrouver un peu mon nord dans toute cette histoire. »


C'était curieux d'être perdu dans un monde de paix pour lequel il s'était battu, mais c'était le cas. A croire que Shikamaru faisait partie de ces éternels insatisfaits de la Vie, quoi qu'Elle leur apporte. Mais à sa décharge, il valait quand même mieux que les autres de sa catégorie : il se contentait d'être insatisfait d'une seule chose à la fois. Aussi maintenant que la question du froid était réglée, il pouvait se reconcentrer sur le mécontentement du sens de sa vie.


« Je ne vous ai pas demandé votre nom je crois. »
lâcha-t-il finalement après une gorgé de son thé.
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Yuki HakuMessages : 18
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Dim 23 Fév - 16:04

HRP:
 

Un grand sourire égailla le visage du ninja des brumes quand celui des feuilles accepta son invitation et il le guida joyeusement vers le café en question, se foutant royalement des regards que sa tenue et démarche suscitait dans la population de la ville nordique. Par contre, il avait bien conscience que son interlocuteur semblait embêté par son incapacité à le reconnaître. Il se promit de le rassurer à ce sujet, qui était un peu douloureux pour le miraculé, une fois qu'ils seraient assit et bien au chaud. D'ailleurs, ils étaient arrivés à destination et c'est avec plaisir qu'il se laissa guider à une table par le Nara, lançant tout de même un regard noir aux tables proche du foyer. Haku aurait bien aimé pouvoir voir les flammes pour une fois et son compagnon frileux aurait certainement apprécié leur chaleur, mais le même groupe de clients qu'à chacune de ses visites y avait élu domicile.

Son compagnon ne semblait pas trop déçu, retirant une partie de son habit d'hivers et proposant même de payer pour leur consommation. N'étant pas du genre à cracher sur les dents d'un cheval donné, Haku le laissa faire sans discussion et se commanda un chocolat chaud. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, son interlocuteur, tenant sa tasse comme si sa vie en dépendait, déversa une partie de son cœur entre eu-deux. Il l'écouta parler ainsi, ses yeux de biches s'emplissant de compassion pour cette âme aussi perdu que la sienne.
"Je m'appelle Haku, de Kiri...ne vous excusez pas, je ne m'attendais pas à ce que vous me reconnaissiez, ce n'était qu'un prétexte pour vous approcher," répondu le jeune homme avant de déposer une fine main amicale sur l'avant-bras de son compagnon. "Je ne sais pas vraiment comment moi-même, mais j'ai senti cette ambivalence chez vous, peut-être parce que c'est un peu la même chose pour moi...c'est dur de trouver son chemin quand on meurt et que l'univers nous dit 'Non, essais encore'..."

Haku fut secouer d'un frisson qu'il n'arriva pas à refouler, le sujet lui rappelant de mauvais souvenir. Cependant, il avait l'impression qu'il venait de faire un pas de l'avant en débutant cette discussion avec cet inconnu. Peut-être était-ce dû au fait que Shikamaru avait révélé une partie de son âme à un inconnu ou tout simplement parce que le jeune kunoichi avait refoulé ses émotions sur le sujet si longtemps, mais Haku désirait mettre à nu ensemble ce malaise qu'ils semblaient partager.
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Nara ShikamaruMessages : 27
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Mer 26 Fév - 9:17

Les sourcils de Shikamaru jouèrent à la bascule à l'occasion de deux regards soupçonneux où se lisaient aussi une certaine incompréhension de l'évolution de cette entrevue. Le premier se marqua par la levée de son sourcil droit, alors que la jeune femme lui avoua n'avoir cherché qu'un prétexte pour l'aborder. De là, il se demandait déjà dans quelle histoire il s'était embarqué – dans quelle histoire il s'était fait embarquer. Le second regard perplexe lorgna la main qui s'était posée sur son avant-bras, avec un sourcil gauche en hausse cette fois-ci, tandis que le droit n'osait plus trop la ramener. Bien qu'il commençait à redouter quelque chose en son fort intérieur, comme s'il avait mit le doigt entre deux engrenages en acceptant l'invitation de son interlocutrice, il préféra ne rien en montrer et faire comme s'il n'avait rien vu. C'était connu : les engrenages étaient moins agressifs quand l'on y allait doucement pour se faire oublier... Au final, il se retrouva à apprendre que Haku faisait partie de celles et ceux qui était morts avant l'âge, et a qui le sacrifice de Obito avait permit un retour dans le monde des vivants.

« A vrai dire, je n'en sais rien. Je ne suis personnellement jamais décédé, et je me suis en général débrouillé pour que cela n'arrive pas. »


Buvant une autre gorgé de son thé qui fit grimper encore d'un bon degré sa température, il poursuivit en regardant Haku de façon plus naturelle. Enfin, plus naturelle chez lui, c'est-à-dire qui manque parfois un peu de tact, mais qui s'en fiche pas mal.


« Après, dans votre côté, peut-être que c'est une bonne chose d'avoir eu droit à une seconde chance non ? Je ne sais pas de quoi vous êtes morte, et fondamentalement, ce n'est pas le sujet. Mais ce qui n'a pas fonctionné dans votre... précédente ? vie peut peut-être être corrigé maintenant, voire partir sur une voie complètement différente. Enfin, encore faut-il savoir quoi. Cela doit faire plus d'un an que vous cherchez votre but j'imagine ? »


Après une courte réflexion, Haku n'avait pas tort : il y avait une certaine similitude entre eux. Shikamaru aussi était mort à sa façon. Avec la nouvelle paix mondiale et une nette préférence pour la reproduction plutôt que pour la destruction, le shinobi en lui s'était fait tué à coup de fleurs et de paillettes. Il avait réussit à devenir à peu près quelqu'un dans son métier, en contrebalançant son côté humain paresseux avec son penchant militaire. Et maintenant que le fragile équilibre qu'il avait pu établir était brisé depuis le retrait quasi-totale de la nécessité des ninjas dans le monde – seulement jusqu'à la fin de l'euphorie de cette période probablement – il ne restait plus que lui, un homme coiffé d'un ananas qui n'a plus vraiment envie de replonger dans ce qu'il était jadis. Il avait changé, et curieusement, c'était la cause de son état maussade actuel. Il devait probablement en être de même pour Haku, ou quelque chose dans ce genre.


« Qu'est-ce que vous faisiez avant de mourir la première fois ? »


Il avait posé sa question sur le même ton que l'on commande une miche de pain chez le boulanger. Il fallait dire que son rapport à la mort était particulier, comme à peu près tous les shinobis qui avaient vécu assez longtemps pour apprendre à la relativiser – ou qui ont assez tué pour la considérer comme naturelle.


« Peut-être avez vous un quelconque talent de votre passé qui pourrait trouver son utilité dans le nouveau contexte de notre société ? »


Puis il commença à faire des liens. Une jeune fille, vêtu seulement d'un kimono court dans ce pays froid, qui déambule depuis apparemment plus d'un an – date de sa résurrection –, qui accoste des hommes, qui se montre assez tactile dès le début et qui est malgré elle dans sa situation actuelle... ... …

« Nom d'un bois de cerf... »
lâcha-t-il intérieurement en arrivant à une conclusion

Il souhaita avec une ardeur peu commune chez lui qu'il se trompait. Et comme c'était très rarement le cas, il imputera la faute sur le froid qui gelait ses neurones, les empêchant ainsi de fonctionner efficacement.
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Yuki HakuMessages : 18
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Jeu 27 Fév - 16:09

Haku retira lentement sa main en voyant la dance des sourcils dur le visage de Shikamaru. Le jeune ressuscité, de nature affectueuse et familier, avait tendance à agir sans trop porter attention au convention social, agissant avec les inconnus qu'il trouvait sympathique comme il le ferait avec un vieil ami, ce qui n'était pas la tasse de thé de tout le monde. Les joues un peu rouge d’embarras, il prit une gorgé de son chocolat chaud pour le masquer tout en écoutant ce que l'autre avait à dire. Celui-ci semblait assez dégourdi entre ses deux oreilles, surtout maintenant qu'il se trouvait au chaud...peut-être était-il à moitié plante tropical, comme sa coiffure semblait indiquer? Enfin, qu'il soit végétale ou animal, ce n'était pas l'important, ce qui comptait était qu'il semblait intéressé par la conversation.

Le regard du jeune ninja descendit de plus en plus à mesure que la discussion approchait de son passé et de sa vie que d'autre qualifierait de tragique, mort si jeune. Lui même ne savait plus quoi en penser, après tout il s'entendais à cette fin violente et avait expirer l'âme en paix. Il examina ardemment l'intérieur de sa tasse, soudainement très absorbé par la couleur du chocolat et le nombre de guimauve miniature qui y fondait. Il était venu ici pour forger un avenir en s'aidant du passé, mais il avait crû s'enfoncer plus loin dans l'abysse de l'histoire.


« Quand je suis mort? J'essayais d'assassiner une pauvre ingénieur qui ne voulait qu'aider son village en construisant un pont » lâche t'il d'un ton plat. Levant des yeux vitreux vers son interlocuteur, le visage neutre mais cependant un poil plus pâle que son teint hivernale habituel avant de continuer:
« J'étais ninja, simple outil de mon maître...et j'étais heureux d'obéir à ses ordres, vivant que pour son rêve et pour lui. J'ai décédé en le protégeant, comme je savais que c'était ma destiné...» continua-t'il alors qu'une larme unique glissait le long de sa joue.
« Mais lui, me voir mourir l'a ébranlé, je n'étais plus qu'un simple outil à ses yeux, mais une vrais personne...»

Haku prit un autre gorgé de sa boisson, l'émotion étouffant subitement ses paroles. Il n'avait jusque là jamais déblatéré sur le sujet, encore moins avec un inconnu. C'était peut-être ce refoulement qui le poussait à s'ouvrir ainsi, peut-être était-ce le ton de vois de Shikamaru qui s'approchait du thérapeute ou peut-être que le jeune kunoichi aimait bien les ananas comme interlocuteur. Enfin, il céda à celui-ci la parole, essayant de remettre ses idées en ordre.
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Nara ShikamaruMessages : 27
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MessageSujet: Re: L'ombre des flocons de neige.   Mer 5 Mar - 11:35

Shikamaru écouta son interlocutrice avec un visage neutre, encaissant ce qu'elle lui disait avec la même grâce qu'un matelas réceptionne un champion de saut à la perche, ce qui pouvait se traduire plus ou moins par : indifférent, comme s'il s'agissait d'un sujet commun que d'aborder la mort des autres, surtout celle où l'on en était directement responsable. Cela dit, en repassant l'enregistrement pour la troisième fois dans sa tête, il est vrai qu'un de ses sourcils daigna se lever, mais c'était surtout parce qu'il venait de réaliser que son interlocutrice était un interlocuteur. Cela expliquait la pomme d'Adam, entre autre...

C'est alors qu'il réalisa qu'un silence à demi maîtrisé s'était installé, et que l'on attendait peut-être quelque chose de sa part. Des mots réconfortants, un bras sur l'épaule, de l'espoir quelque chose dans cet ordre d'idée. Sauf que demander à Shikamaru de consoler une personne revenait à utiliser un gant de toilette en limaille pour sa douche : ça faisait son office, mais le résultat était pas génial. Le Nara faisait partie de ces gens un peu trop terre à terre, même en ayant eu toute sa jeunesse la tête dans les nuages. Portant sa tasse à ses lèvres et prenant bien le temps d'avaler, toutes autant de précieuses secondes supplémentaires pour réfléchir, il ouvrit finalement la bouche, pour prononcer ce qu'il avait de mieux à offrir – soit rien de formidable, mais l'intention y était :


« Vous savez, l'on est tous un peu l'outil de quelqu'un, pour rester dans le champ lexical du bricolage. Les ninjas du Village de la Feuille sont les clefs à molette de Konoha tout comme les shinobis errant sont les cisailles de celui à la tête de leur groupuscule. Quant à tuer, bien, cela fait partie de notre travail, d'une certaine manière. Des commanditaires payent notre faction pour des assassins, qui peuvent être nous, et l'on exécute les ordres sans savoir pourquoi. C'est le système en lui-même qui est ainsi. Maintenant, il est vrai que l'on est toujours plus affecté par la mort d'un proche – ou d'un outil auquel on tient ? - que celle d'un inconnu. J'avais lu une histoire à ce sujet et... »


Pause, il s'arrêta. Il était en train de s'égarer, s'il n'était pas déjà complètement paumé dans ce qu'il racontait. Rembobinage. Stop. Lecture.


« … que celle d'un inconnu. Cela dit, dans la toute fin, s'il vous a considéré comme une personne à part entière, c'est peut-être parce que c'était déjà le cas avant, mais qu'il se le cachait à lui-même ? L'on ne réalise en général la valeur des choses que quand on les perd. »


D'un point de vue extérieur, la scène était particulière. L'on avait d'un côté un jeune homme – que l'on faisait facilement passer pour une jeune femme -  avec le visage prit dans un tourbillon d'émotions, et de l'autre, un homme un peu moins jeune mais toujours dans l'ananas de l'âge qui essayait avec quelques difficultés d'avoir l'air compatissant. Bien sûr, la souffrance des autres pouvait l'affecter – c'était un peu le cas ici – mais de là à ce que cela se voit sur son visage, il y avait un monde. Au moins cette entrevue lui prouvait que l'on trouvait toujours situation pire que la sienne, même si dans le fond, il ne voyait où était le problème d'Haku. L'idée brillante de lui poser la question directement traversa alors son esprit, suite à quoi il prit une seconde pour lui donner une forme présentable :


« Jusque là, je vous suis. La fin est triste, ou heureuse selon les points de vue et les dosages, mais c'est une histoire qui appartient au passé. Le Vent de Résurrection qui a marqué l'air de paix actuelle vous offre la possibilité de ce nouveau départ, de pouvoir vivre en reprenant votre histoire là où elle s'était arrêtée, c'est-à-dire en tant que personne, et non en tant que tournevis. Aussi, j'ai un peu de mal à saisir le problème qui vous tourmente actuellement je vous avoue, si ce n'est celui que vous ne trouvez pas votre place dans ce nouveau monde. N'importe comment, c'est dans l'avenir que vous trouverez cela, pas dans le passé. Notre histoire personnelle nous offre les fondements pour bâtir la suite, certes, mais à un moment il faut arrêter de les regarder et de les vérifier, et aller s'occuper de construire la suite. La vie est faite pour monter haut, pas pour rester au niveau du sol. Et si la base ne vous convient décidément pas, trouvez un autre endroit pour en fonder une nouvelle. »


L'on va dire que ce n'était pas si mal. Un peu incohérent sur les bords, pas forcément très compréhensible à cause de cette histoire de métaphore avec les tournevis et les clefs à molette, mais l'essentiel était que cela donnait à réfléchir un peu à Haku, et qu'elle... qu'il ai comprit le fond plus que la forme. L'être humain avait besoin de cela parfois pour se remettre en question : le regard d'un autre. Forcément, lorsque l'on avait le nez en plein dans son histoire, il était difficile de la voir dans sa globalité sans l'aide d'un tiers.

Après, peut-être que Shikamaru n'était pas forcément la meilleure personne à s'adresser pour cela...
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L'ombre des flocons de neige.

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